29.09.2009

Paris

Les feuilles commencent à pousser sur le bitume. Le jardin du Luxembourg entame son agonie tranquille, en rouge et brun, et Paris, mon Paris, doucement, revêt les habits de l’automne.

Il fait chaud encore. Pourtant je sens doucement monter les débuts de nuit le soir, grignotant nos journées paralysées par le temps utile, offrant des espaces soudains de suspension dans une course perpétuelle. L’automne arrive en silence. Il fait de l’aube une attendue, une espérée, délicatement il peint le ciel de couleurs douces. Il nous fait aimer des bâtiments dressés parce qu’il en brouille les lignes fermes. Il nous fait aimer la ville, comme une nature imaginaire.

 

L’automne arrive en silence. Il y a bien quelques masques, de ci, de là, quelques rappels d’une réalité qu’on nous dépeint inquiétante et dangereuse. Mais Paris à l’automne, c’est, simplement, la plus belle ville du monde. L’antichambre de l’hiver ici se transforme en redécouverte d’un territoire si familier pourtant. Paris entre dans sa mue, et bientôt, ce seront des ponts nus qui en composeront le décor, et bientôt, l’hiver éclairera tout de sa lumière sans fard. Que commence enfin la plus belle saison de ma ville.

Commentaires

Ce n'est pas si facile de décrire AVEC AMOUR l'automne, et la ville qu'on aime prise par l'automne.
Tu le fais...
Magistralement.

Ecrit par : Coumarine | 29.09.2009

Décidément Cameron , ce que vous écrivez me touche beaucoup , à la fois par la forme et le fond . C'est très beau, vraiment . Merci pour ce partage , haut en sensations diverses et agréables en ce qui me concerne .
Vous avez un don !

Ecrit par : julie | 29.09.2009

C'est effectivement une des plus belles pages de ce blog, qui compte beaucoup de pages belles - et, ce qui est peut-être plus important, justes.

I.

Ecrit par : Iskander | 01.10.2009

"Là où il y a de la métaphysique,
de la mystique,
de la dialectique irréductible,
j'écoute se tordre
le grand côlon
de ma faim
et sous les impulsions de sa vie sombre
je dicte à mes mains
leur danse,
à mes pieds
ou à mes bras."

Antonin Artaud
"Le théâtre de la cruauté"

En écho à votre "grignotage des journées paralysées par le temps utile",
S.

Ecrit par : Sauveterre | 01.10.2009

Merci, merci à tous les quatre, de ces commentaires pour un texte, que, en ce qui me concerne, je n'aime pas beaucoup (à l'exception du temps utile !). Comme quoi, le regard que l'on porte n'est jamais unique... J'essaierai donc de persévérer.
Aparté : Iskander, le mot "juste" me touche beaucoup. Merci.

Ecrit par : Cameron | 02.10.2009

Ecrire un commentaire