17.09.2009
In memoriam
J’ai eu du temps, un temps infini, un temps découpé qui s’est construit de veilles successives, de moments de guet.
J’ai eu du temps, et je n’en ai rien fait.
L’esprit occupé à mille choses, peut-être, l’esprit centré aussi sur le silence soudain, l’effacement définitif qui a sanctionné ce temps vide. Rien n’est dit. Rien n’est plus dit que le pire des tracasseries de l’ordinaire, mais certains mots qui devraient l’être ne sont pas prononcés. Silence. Silence pour le silence imposé, silence en écho du silence.
Il ne faut pas parler, c’est tout.
C’est une manière de vivre en soi. Une manière de sentir le poids de l’événement jusque dans son corps, car c’est le cœur qui est lourd, et ce sont les genoux qui tremblent.
Il ne faut pas parler. Lorsque les mots viendront, ce sera trop tard, la défaite sera consommée. Il ne faut pas parler, ni écouter, ni même y penser, à ce temps qui s’écoule pétri d’alertes successives, de piqures d’angoisse. Les choses s’effacent. Le dire accélère leur disparition.
On peut partir sans qu’un mot ne soit accolé au naufrage. Il y a tellement de parasitage à nommer autour. Tellement.
09:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
c'est la première fois que je viens "visiter" votre blog, grâce à Coumarine que je connais maintenant depuis un an, via ses livres superbes et ses billets quasi quotidiens.
Votre texte sur le silence me "parle" si bien ; il est bien écrit, avec les mots justes et je concluerai :
ne rien dire... pour ne pas dire ...
je sais que tout le monde ne peut pas être d'accord avec cela et je respecte.
je reviendrai vous lire.
Ecrit par : becassine | 25.09.2009
Je ne commente pas davantage, mais : merci.
Ecrit par : Cameron | 25.09.2009
Ecrire un commentaire