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21.12.2007
Message à validité temporaire
Par monts et par vaux ces trois derniers jours, et confrontée à une connexion internet tout ce qu'il y a de papillonnante, je poste cette note temporaire pour manifester ma toujours existence sur ce blog, même entre parenthèses.
J'essaierai de donner très vite de mes nouvelles, si le deus ex machina internet accepte mes manipulations. Pas de poème aujourd'hui, donc mais bientôt, car, tout vient à point... etc, etc.
L'inspiration sera de retour en même temps que ma connexion, gardons espoir !
12:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.12.2007
Tueur de rêves
C'est une nuit profonde et que je crois sans âme qui m'emporte dans ces moments-là. Une nuit dont j'émerge presque aussi épuisée que si je n'avais pas fermé l'oeil. Une nuit à laquelle j'aspire pourtant.
Peut-être quelque chose réussit-il à se reconstruire durant ces plages noires. Le monde a bien dû jaillir ainsi d'un trou obscur.
Le goût pourtant de ces nuits sous influence reste amer et colore mes songes éveillés de lassitude. J'ai perdu mes rêves. Je tue mes rêves.
Une lente agonie est-elle préférable au néant de l'absence ?
08:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.12.2007
De saison...
Rondeau de la neige
Tombe, la neige !
Triste manège :
Moucher, toussir,
Prendre élixir,
Au lit gésir.
Maint déplaisir
Mon mal rengrège.
Tombe, la neige.
Pardonnerai-je ?
On haïrai-je ?
Je n’ai loisir
De rien choisir.
Sur tout désir
Tombe la neige.
André Mary, in Rimes et bacchanales
09:54 Publié dans Dédicaces du vendredi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.12.2007
Une semaine sans
Un sentiment de langueur a anesthésié toutes mes réactions, et voilà que la semaine passe sans laisser trace ni sur moi ni sur mon esprit...
A toi, ô Lectrice idéale, à vous, ô lecteurs de passage, je fais l'aveu de ma définitive et irrésistible apathie.
Mais c'est pour mieux rebondir que je m'interromps un instant dans ma tâche. Et comme nous sommes jeudi, la semaine touche à sa fin, n'est-ce-pas ? Repos et apaisement m'attendent (en tous cas, moi, je les attends !) juste derrière l'accumulation de "sans" qui m'obsèdent ces derniers jours : sans force, sans inspiration, sans envie, sans désir...etc,etc.
Trève donc de lamentation ! La vie n'est qu'un perpétuel recommencement. Ma prochaine note sera, sinon plus intéressante, du moins plus fournie, ou en tous cas je l'espère.
Comme toujours, même les jours sans : à toi, toutes mes pensées...
16:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.12.2007
Le corbeau
La lettre est arrivée signée de personne. Il y avait mon nom sur l’enveloppe. Et ce rappel d’un rendez-vous oublié que je n’ai jamais pris.
J’ai reçu une lettre d’inconnu. Simple. Directe comme jamais ne peut l’être une conversation. Écrite à la main avec des mots très longs et des phrases qui se succèdent sans trêve sur le papier, chaîne incompréhensible dont les maillons auraient été des virgules. Ou peut-être la respiration intérieure de leur auteur anonyme. Je n’en ai pas reconnu le rythme, en tous cas.
J’ai jeté la lettre signée de personne. Je me suis demandée avec qui j’avais pu prendre un rendez-vous dont je ne gardais aucun souvenir, avec qui j’avais entretenu des liens suffisamment étroits pour finir par recevoir une lettre dont son auteur estimait superflu de la signer. Je me suis demandée aussi si je n’avais pas rêvé. Mais il y avait mon nom sur l’enveloppe. Le nom que je porte depuis toujours.
Suis-je double ?
Parfois, j’écris ainsi. Penchée vers l’avant. Oublieuse de chaque mot au fur et à mesure du lent déshabillage sur le papier. Parfois, j’écris de travers, jetant au feu tout ce qui se présente pour ne surtout pas avoir à le regretter. Parfois, j’écris sans souvenir ni volonté.
Suis-je folle ?
La lettre était arrivée signée de personne. D’une autre main, de ma main d’aujourd’hui, j’aurais pu inscrire mon nom au bas des mots durs qui me rappelaient à l’ordre. J’ai tout jeté, l’enveloppe aussi. Un rendez-vous manqué avec soi-même, pourquoi vouloir s'en souvenir ?
Je est mort.
09:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.12.2007
Censure en action
Oui, j’ai retiré ma note du jour. Milles excuses à ceux qui ne l’avaient pas lu. Mille excuses aussi, surtout, à ceux qui l’avaient lue et trouvée mauvaise : ils avaient raison. La facilité est un défaut perpétuellement combattu et perpétuellement vainqueur dans la maison que je partage avec moi-même, tout là-haut, à l’étage supérieur.
Hélas, je n’ai rien pour remplacer cette note fantôme qui hante désormais ma poubelle. Chers amis, c’est une page blanche qui devrait s’offrir à vous aujourd’hui. Comme la machine ne me le permet pas, à la place, vous trouverez mes excuses.
Bien sûr, il est une personne en priorité à qui je devrais présenter ces excuses. Mais j'ai cru comprendre qu'elle en avait déjà reçu trop souvent de ma part, je m'abstiendrai donc de réitérer ici ce qu'elle n'a que trop entendu dans la vraie vie. C'est donc auprès de vous, lecteurs de passage ou de longue date, que je viens lamentablement reconnaître l'absence totale d'inspiration pour ma note d'aujourd'hui.
Espérant vous trouver cléments à mon égard, je vous donne rendez-vous sous peu, pour peut-être un texte qui passera enfin les feux de la rampe.
Et à toi, destinatrice finale de tout ce qui est hâtivement gribouillé ici, je n'offrirais que mes pensées. En ce lundi, c'est encore ce que j'ai de mieux.
17:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.12.2007
Merci à Iskander et gmc...
pour leurs commentaires sur la note intitulée Ce matin. Cela me va droit au coeur, parce que cette note a failli ne pas passer le barrage de ma censure intérieure... Alors, oui, merci.
10:48 Publié dans Commentaires des commentaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Profession de foi
Tard dans la vie
Je suis dur
Je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
à rêver sans dormir
à dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un coeur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement.
Pierre Reverdy, in La liberté des mers
09:15 Publié dans Dédicaces du vendredi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.12.2007
Sur une marche d'escalier
Je sais que le sort du monde repose entre les mains et la lance de deux chevaliers, l’un allemand, l’autre français. Je sais que le combat sera stoppé par la reine avant le premier sang. Je sais que le seul être à sauver sera un artiste, parce que Christ est là.
C’est Pat qui me l’a dit. Parmi tellement d’autres choses, d’ailleurs, que je me suis perdue à suivre sa logorrhée, mais enfin, il me l’a dit. Alors je le dis à mon tour. Je ne suis pas certaine de comprendre ce petit coin de monde qu’il a réinventé à mon intention, là, entre deux courants d’air, mais de dire il a existé au moins pour moi, au moins pour lui. Sans doute Pat ne m’a-t-il pas vraiment vue, hier soir. Sans doute est-ce mon sourire qui a ouvert les vannes. Sans doute, mais on s’en fout, pas vrai ? J’ai écouté un mot après l’autre, heureuse de rebondir parfois, juste spectatrice la plupart du temps. Pat m’a conté un monde peuplé d’Américains que nous ne pouvons pas comprendre. De Polonais. D’argent bien sûr, parce que si on en a pas, c’est pas terrible mais si on en a, ça change rien quand la femme de sa vie disparaît. Pat m’a parlé aussi d’Hitler et de Ben Laden. Je n’ai pas très bien compris qui étaient Hitler et Ben Laden dans son monde. J’ai compris par contre que 15 euros, ça peut suffire pour une chambre d’hôtel qui en coûte pourtant 30.
Et puis les deux chevaliers sont revenus. Et la reine. Qui était-elle, cette reine ? Qui devait-elle sauver, dans l’esprit brumeux de mon ami Pat ? D’où vient que l’alcool dévore tout, jusqu’aux vieux rêves de l’enfance ? Je ne sais pas, mais je me suis accrochée au seul fil conducteur qu’il avait bien voulu me lancer, et je me suis promenée avec lui dans ce monde étrange qui voyait les Américains et les Polonais s’affronter à coups d’euros tandis que deux chevaliers, bien loin derrière, bien loin de là, combattaient pour l’espoir de tous devant leur reine silencieuse et anonyme. Et parfois, la brutalité est épuisante. Et parfois, mon ami Pat voudrait boire plus pour oublier plus. Et parfois, je pleure en cherchant désespérément au fond de ma mémoire le nom de la reine de son monde. De l’appeler nous libèrerait tous, n’est-ce-pas ?09:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.12.2007
Ce matin
Ce matin, un coin du ciel était peint. Entre deux toits. Comme un enfant j’ai porté au devant de moi son secret. Il me semblait que tous le voyaient. Il me semblait que je le proclamais à la face du monde.
Ce n’est pourtant qu’une pierre plombée au fond de mon cœur, et aucun mot n’émerge de sa noyade.
Toute beauté n’a pas fui en même temps que moi.
Ce matin le monde s’illuminait de chaque pas accompli en portant son secret. Je sentais l’odeur des feuilles mortes, j’entendais craquer cette terre de pure imagination sur laquelle je ne marchais pas.
J'ai vécu le temps de ce passage sous le ciel.
Le secret n’est jamais sorti de moi. Pendant que je le portais, il a enfanté au jour le regard de ma mère.
09:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


