31.08.2007

Est-ce que tu te souviens de celui-là ?

Tes pas, enfants de mon silence,

Saintement, lentement placés,

Vers le lit de ma vigilance

Procèdent muets et glacés.

 

Personne pure, ombre divine,

Qu'ils sont doux, tes pas retenus !

Dieux !... tous les dons que je devine

Viennent à moi sur ces pieds nus !

 

Si, de tes lèvres avancées,

Tu prépares pour l'apaiser,

A l'habitant de mes pensées

La nourriture d'un baiser,

 

 Ne hâte pas cet acte tendre,

Douceur d'être et de n'être pas,

Car j'ai vécu de vous attendre,

Et mon coeur n'était que vos pas.

 

Paul Valéry 

30.08.2007

Le passage

Il y a une porte dans le fond de mon ascenseur. Elle est transparente, je crois, elle prend la couleur de la paroi chaque fois que quelqu'un monte. Elle mène ailleurs.

Un soir, je l'ai empruntée. J'avais dû fermer les yeux plus longtemps que d'habitude en m'appuyant contre le mur, ou peut-être que j'avais juste l'esprit ailleurs. En tous cas, je suis sortie du mauvais côté. Et lorsqu'on est de ce côté-là, on voit la porte. On ne voit qu'elle.

 C'est une longue tige de métal qui monte très haut, si haut que le sommet n'existe pas. Il y a comme des encoches sur sa surface, des sortes de griffures en biais qui sont des marches pour des créatures dont les pieds doivent être des pattes. Lorsqu'on la frôle, elle résonne doucement, sans vibrer, elle se met à murmurer l'exact battement de notre souffle. Je pense qu'elle est aveugle, parce qu'elle n'a jamais tourné la tête vers moi. Mais elle devait m'entendre. Elle s'écartait chaque fois que je tendais les mains, et de toute façon, il n'y avait aucune poignée pour l'ouvrir. D'ailleurs ce n'était même pas une porte. Juste une longue tige de métal, ou de chair, dressée là dans je ne sais quel dessein, défiant toute tentative de compréhension, immédiatement visible et définitivement inaccessible.

 Un soir, je l'ai empruntée. J'avais dû gauchir mon regard pour entr'apercevoir les coins du monde. Ou peut-être que dans ma fatigue la lumière a ricoché en droite ligne, confondant l'horizon et le passage dans la même trouée obscure. La porte invisible dans le fond de mon ascenseur s'est dévoilée.

Je ne savais pas qu'elle ne s'ouvrait que dans un sens. Je ne savais pas que j'allais prendre moi aussi la couleur de la paroi chaque fois que quelqu'un monterait. Je ne savais pas que la porte, c'était moi.

 

N.B. : la paternité de l'idée (l'ascenseur) revient à N*. Son développement (la porte) ne tient qu'à moi. 

28.08.2007

Y'a des jours comme ça...

Bien, bien, bien. C'est un jour sans, il faut l'admettre. D'abord, nous sommes mardi, et les mardi, va savoir pourquoi, je ne les aime pas. Ensuite, comme me le faisait remarquer quelqu'un hier, et comme ma conscience me le hurlait dimanche, voilà bien longtemps que je n'ai pas pris la peine de t'écrire. Je n'ai même pas l'excuse des vacances pour justifier ma loquacité en berne. J'ai eu, disons, envie de fuir un peu mon reflet sur l'écran, pendant quelques jours.

Ceci est donc spécifiquement une note de reprise de contact. Et comme presque chaque fois, je n'ai pas grand-chose à dire. De retour chez moi, de nouveau assaillie par les bruissements de "l'actualité", j'en suis encore à promener autour de moi un regard un peu vague, assez perdu en fait. Je songe très sérieusement à effectuer une retraite, une vraie, celle où on coupe tous les cordons, celle qui n'est plus un mur mais une porte vers l'ailleurs. Sauf que... Non, non, non, jamais je ne pourrais supporter l'absence de bruit. Jamais je ne pourrais m'éloigner longtemps des grognements de MA ville. Car c'est un plaisir de revenir ici, une bouffée d'émotion qui ne se dément pas.

Mais je n'ai toujours rien à dire. Et pas le temps de laisser les mots s'écrire d'eux-mêmes. Diras-tu que cette note constitue un redémarrage suffisant ? Moi, je suis un diesel, tu le sais bien, j'ai besoin de creuser mes sillons longtemps avant d'en tirer quelque chose. En tous cas, me revoilà, prête à m'auto-discipliner (quelle horreur, ce mot), prête à me régler plutôt, au sens monastique du terme. C'est la rentrée, après tout. Soyons rigoureux, creusons, écrivons, recommençons. Je finirai bien par le trouver, le mot que je cherche depuis l'ouverture de ce blog. Si toi, tu l'as en tête, je t'en prie, gardes-en la primeur. La recherche m'importe davantage que le but à atteindre.

15.08.2007

Le temps qui passe

Le vent se lève. C'est un instant suspendu, une seconde de solitude vécue comme une épiphanie, mais pour révéler quel secret ? Et à qui ? Pas à moi, en tous cas. Il y a bien longtemps que j'ai appris à ne rien attendre de la solitude que des déceptions.

Je voulais t'écrire aujourd'hui, à toi et à personne d'autre. Je voulais te parler de ce rire qui m'a saisie tout à l'heure, cette réaction purement physique, incoercible, presque douloureuse dans son absolue vacuité, et pourtant si belle. Je voulais te raconter cet instant fugitif de bonheur qui est passé si vite et qui m'a laissé un goût d'enfance en partant. Mais voilà, c'est déjà fini, et je me retrouve devant mon clavier sans savoir que dire. Il y a une Vierge à l'enfant à côté du bureau. Dehors le temps tourne à l'orage, je voudrais qu'il pleuve enfin, comme si cela pouvait me libérer, comme si j'allais rendre grâce à quelque divinité obscure en écoutant monter le tonnerre, comme si le seul exutoire encore à ma disposition était la croyance enfantine en une nature vivante et pensante. J'avais l'intention de te parler de ma joie, et comme d'habitude il n'y a rien à en dire. Juste qu'elle est. Ou qu'elle a été, aussi brève que frustrante. Je ne sais pas dire le bonheur.

Je devrais me contenter de regarder, aujourd'hui. Regarder les nuages s'assembler. Laisser mon corps réagir à la soudaine tension de l'atmosphère. Savourer, pour une fois, sans vouloir le retenir, l'instant présent. Peut-être durera-t-il plus longtemps d'être simplement vécu. A-t-il besoin d'être dit pour exister ? Suis-je à ce point incapable de prendre ce qui m'est donné ?

 Je voulais te dire ma joie, aujourd'hui. Et je n'y arrive pas. Je vais refermer mon ordinateur, aller me promener quelques instants sous le vent. Je vais sortir respirer ce bonheur qui m'échappe. Comme toujours, à toi, toutes mes pensées.

13.08.2007

Comme de la neige sur ma peau

    Cette nuit, je lui ai enlevé son masque. Il m'a fallu décoller une à une les couches superposées de son épiderme. Comme on pèle un fruit, et j'ai gratté la fine pellicule de chair qui habille ses traits ; lentement j'ai écarté la cage d'os brillants,  jusqu'à apercevoir son âme. Elle palpitait derrière tout ça, son âme. Je la voyais. Je l'entendais.

 Je devrais la mettre à nu, que tous enfin la contemplent, que son sourire ne soit plus cette barrière entre elle et moi. Je voudrais pouvoir tendre la main sans rencontrer aucun obstacle de chair ni de sang, effleurer du bout des doigts son être qui se dérobe et me sentir m'embraser en retour. Je voudrais que ce visage chaque jour contemplé se griffe enfin de la vie qui passe, je voudrais le voir s'étioler sous mes yeux, se marbrer de chacune des douleurs ressenties, se ternir et mourir peut-être, juste à portée de ma main. Et je la toucherais finalement. Dans un souffle, je frôlerais son corps, ce serait comme de la neige sur ma peau, ce serait nous enfin au bord du périr.

    Cette nuit, lorsque je lui ai enlevé son masque, elle m'a souri, de ce sourire blanc qui n'est que de l'écume. Je n'ai pas bougé, parce qu'un tremblement l'aurait tuée, parce qu'une fois de plus je heurtais de plein fouet sa transparence étale. Elle est cendres sous mes doigts, cendres d'un souffle évanoui que je n'en finis pas d'invoquer. Son sourire s'est levé entre nous comme un rideau. J'aurais voulu pleurer.

    Cette nuit, j'ai posé mon chagrin à coté d'elle et j'ai dormi seule. Je savais qu'il susurrerait dans tous ses songes de sa voix de miel. Mais je n'avais aucun autre masque à lui rendre.

09.08.2007

Plaidoyer pro domo

    C'est comme si ma mémoire esquissait ton sourire. Car tu sourirais, n'est-ce-pas ? A la réflexion, je suppose que non. Tu te contenterais d'incliner la tête, restant silencieuse pour m'obliger à répondre. N'empêche, il me semble que la situation pourrait bien t'arracher un sourire malgré tout.

    Ce cher Iskander est à deux doigts de m'accuser de rationaliser mon rapport au corps et au monde (cf ses derniers commentaires). Ce cher Iskander a raison, bien sûr ; il pourrait même aller plus loin, voir dans mes réponses un désir d'intellectualiser à outrance ce qui n'est que sensation. Déjà fatiguée à la simple perspective d'un débat sur ce terrain, puis-je tenter une pirouette digne de la piètre dialecticienne que je suis ? Il me semble que pour savoir que je ressens, tant physiquement qu'affectivement, ma seule ressource est de mettre en mots les sensations. Je n'irai pas juqu'à écrire ici que le langage préexiste à toute pensée, car toi comme Iskander auriez beau jeu de me rétorquer que j'égare volontairement la discussion. Mais ceci est mon blog. Et si j'ai choisi d'y noter mes impressions  ou mes certitudes, c'est aussi en partie parce que je savais que tu ne me recentrerais pas sur des questions que je préfère éviter. Nous en avons parlé si souvent déjà... Cher Iskander, oui, vous avez raison, il est abusif de réduire la vie à des mots. Vous avez raison (comme toi tu avais raison autrefois), d'y voir un refus, ou la peur de perdre le contrôle si je vous ai bien lu. Mais en même temps, vous avez (tu avais) fondamentalement tort, pardonnez-moi de vous le dire. Si ma façon de concevoir la vie passe par les mots, alors il me semble inévitable que ceux-ci deviennent à mes yeux essentiels. Qu'il s'agisse d'une erreur ou non d'user du langage comme recours ultime n'est pas le débat : il en est ainsi, voilà tout. Ce qui est en débat, c'est la manière dont j'organise le monde, car c'est elle qui me dirige.

    Alors certes, et cette fois-ci c'est à toi que je le dis, je suis autant esclave de cette conception des choses que libérée par elle en bien des circonstances. Mais si j'avais une seule vérité intérieure, ce serait bien celle-là. Et ce que je rate en m'arcqueboutant sur mon unique croyance ne m'a jamais paru assez important pour que j'envisage de modifier mon attitude (en admettant que je rate effectivement quelque chose, hypothèse que je ne suis certes pas prête à considérer avec sérieux). Certaines choses, je crois, nous fondent dès les premiers temps, et sont destinées à nous régir jusqu'au terme de nos vies. Il est vain de vouloir changer.

P.S. : cher Iskander, encore un mot : Plein soleil est adapté du livre inaugural de la série des Ripley, à savoir Mr Ripley (ou, titre original, me semble-t-il : Le talentueux Mr Ripley). Et oui, j'ai aimé ce film, même si à bien des égards il trahit la Patricia Highsmith que j'apprécie. L'art du suspense est un des mes livres de chevet. Ah, et au fait, j'adore votre interprétation du patronyme de ce cynique écrivain. Pour finir, mon cher Iskander, un commentaire plus personnel : vous êtes une véritable bible de citations ! Et vous visez souvent juste...

07.08.2007

A quoi ça tient, tout ça

    Hier dans la rue, un homme marchait, qui avait mis ses plus beaux gants de ménage pour sortir. Ceux qui sont roses. Il y avait tant de brisures sur le trottoir, enjamber, décaler le pas pour que toujours la pointe du soulier repose au-delà de la ligne de crête, c'était impossible. Changer de route, alors, plonger dans les profondeurs et prendre le métro qui lui circule sur des rails en continu, voilà la solution. Une tête de mort fumait le cigare sur  le panneau d'annonce de la RATP, est-elle là depuis longtemps ? Comme l'homme aux gants de ménage ?

    Il n'y a pas de ligne droite, juste des zigzags éreintants. Étonnant de penser comme la route est difficile, heurtée de ces multiples changements de direction, comme systématiquement condamnée à finir en cul-de-sac. Avancer, avancer encore mais sans jamais arriver nulle part, avancer pour mieux reculer ou contourner, avancer pour rien. Mais tout de même, avancer. Que les jambes s'activent, que les muscles tiraillés  balancent sur le mouvement à exécuter, pas si simple en fin de compte. On marche comme on pense : en aveugle. Un homme avec des gants de ménage, une tête de mort qui suce son cigare, rien que de très normal, pas vrai ? Puisque la pensée ne crée rien, puisqu'elle engendre encore moins que le mouvement physique. Puisqu'elle persiste à s'estimer damnée de ne pouvoir éviter les zigzags que le corps choisit d'absorber. Tout est étrange, partant, plus rien ne l'est. Si on s'écorchait ? Juste pour voir les muscles, et les nerfs, et les tendons blancs qui tressaillent, la palpitation invisible de la matière en souffrance ? Peut-être que c'est ce qu'il a fait, cet homme aux gants roses. Peut-être que sous la pellicule de latex, ses chairs à vifs miment le mouvement imperceptible de la pensée qui tourne en rond. Peut-être que je m'égare tout en marchant, blessée de ce pas dont je ne maîtrise pas le sens, infiniment lasse d'être esclave de mon corps.

    Peut-être qu'il n'y avait aucun homme, sur le trottoir, tout à l'heure. Et pas de tête de mort non plus. Rien vu de réel, tout imaginé, c'est possible que le monde ne soit que la somme de nos perceptions ? Il faut les tracer, alors, les limites de soi, et pas à la craie, mais en douleurs construites, avant que tout ne s'efface. Il faut vivre.

06.08.2007

Une course effrénée

    Ça y est, je l'ai terminé. J'ai avalé les quelques 800 ou 900 pages des Bienveillantes. Et j'ai vraiment l'impression d'être parvenue au terme d'une course effrénée qui m'a laissée dans un état de stupeur légèrement incrédule, vaguement terrifié, en suspension face à l'horreur, je suppose. Parce que ça devient vraiment fou, au bout d'un moment.

    Je n'ai finalement pas compris le titre. Peut-être espérais-je malgré moi trouver dans ces fameuses bienveillantes la lueur d'espoir que ne propose jamais le récit. Peut-être attendais-je une révélation ultime, le pourquoi du comment, ou juste l'affirmation qu'après tout ça, on pouvait cependant vivre. Mais c'est un mort-vivant qui nous raconte son histoire. Qu'est-ce qu'un mort-vivant saurait de la vie ?

Bref, je ne sais pas quoi en penser. C'est certainement un livre magistral, formidablement documenté comme l'ont souligné tous ses commentateurs.  Et il fallait sans doute que le personnage ait un tel passé intime pour être capable de raconter son histoire de cette manière, froide et investie à la fois. On en oublie souvent qu'il s'agit d'une fiction. Et on comprend bien pourquoi le narrateur est ce qu'il est, ce qui est terrifiant. Comme disait je ne sais plus qui (Shakespeare ?), "rien de ce qui est humain ne m'est étranger".

     Alors dans tout ce bourbier dont je m'extirpe avec peine et dont je reparlerai sans doute, un clin d'oeil à Iskander, dernier commentateur en date de ce blog. Merci pour la citation de Saint-John Perse, à laquelle je renvoie celle-ci : "Un poème est une lettre adressée à un inconnu", qui doit être d'Artaud, si mes souvenirs sont bons. Quant à l'innocence retrouvée d'une lecture sans référents... Que dire ? Un livre n'est-il pas la remémoration digérée de tous ceux qui l'ont précédé pour son auteur ? Moi aussi j'aimerai parfois retrouver l'état de grâce de ma première lecture, mais en fait, et très honnêtement, je ne me souviens pas de cette mythique "première lecture". Parasitée que je suis par les multiples pages déjà dévorées, je ne me conçois cependant pas sans elles. Et qu'un livre en appelle aussitôt un autre dans ma mémoire, quitte à en modifier le sens ou même à le dévaloriser, ma foi, cela demeure à mes yeux la preuve toujours réconfortante que les lectures nous habitent au long de notre vie. Si je réponds aussi sérieusement à ton commentaire, cher Iskander, c'est qu'il m'a vraiment poussée à m'interroger. Je n'ai pas lu La mort est mon métier, aussi ne puis-je juger des similarités qu'offre Les bienveillantes par rapport à cet ouvrage. J'adore tes citations de Hugo, et oui, il s'agit bien du vertige du gouffre, comme tu le dis. Quant à Nietzche... finissons sur une note d'espoir : "Il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse". Peut-être les étoiles dansent-elles, au bout du compte. En tous les cas, merci pour tes commentaires. Je ne me plaindrai pas d'en avoir si peu tant qu'ils seront aussi intéressants ! 

04.08.2007

"Victor Hugo, hélas"

    Ils ont beaucoup perdu de leur superbe, les poètes de mon adolescence. Sauf Lautréamont, peut-être. J'ai renoncé à nombre d'entre eux, petit à petit, sans m'en rendre vraiment compte, par simple négligence, je crois. Une flamme que l'on n'entretient pas finit toujours par s'asphyxier. Mais ce vers-là, je ne l'ai jamais oublié : "Le soleil était là, qui mourait dans l'abîme". Parfait début, riche de toute une épopée qui n'attend que son scribe. "Le soleil était là, qui mourait dans l'abîme". Peu importe la suite du poème, nous pouvons l'écrire nous-même.

    Je ne sais pas pourquoi je pense à ce vers, aujourd'hui. Peut-être est-ce par désir d'échapper un instant à ma lecture du moment. J'ai (enfin) plongé dans Les bienveillantes.  En réalité, je m'y noie, sans réussir pour autant à lâcher le livre, dont le poids ne peut que m'entraîner plus vite vers le fond. Mais quel fond ? J'avance, j'avance, presque en apnée, je crois que je vais le lire quasiment d'une traite ; il faut quand même que je respire. Ce n'est sans doute pas innocent de voir alors affleurer à ma mémoire ce vers de V. Hugo, si lourd en soi de résonnances tragiques, mais qui a la grandeur rassurante de l'épopée, même déchue, et de la foi, même mal placée. Par ailleurs, cette idée du soleil agonisant, je ne sais pas, cela reste assez approprié au contexte. Les bienveillantes... Je veux vraiment comprendre ce titre. Au moins le titre, à défaut du livre. Peut-être que lorsque je l'aurai terminé... Toute analyse extérieure sera bonne à prendre une fois parvenue au bout, je crois. Pour l'instant, c'est... suffoquant. Un soleil qui s'éteint.

    P.S. : tu l'auras sûrement noté, mais je préfère rendre à César etc... : le titre est tiré d'une déclaration de Gide, qui répondait ainsi à la question "quel est le plus grand écrivain français ?".

03.08.2007

Une fois n'est pas coutume

    Aujourd'hui, j'ai envie de m'adresser à vous, visiteurs inconnus. Ce blog, qui existe depuis le 22 juin, comptabilise approximativement deux fois plus de visites que de visiteurs uniques. J'en conclus, peut-être abusivement, que la plupart d'entre vous est venu au moins deux fois faire un petit tour par ici. Hé bien, ça me fait plaisir. Je n'ai évidemment aucune idée de qui vous êtes, ni de ce qui vous a intéressé ou non sur mon blog, mais, je l'avoue, ça me fait plaisir de penser que vous êtes revenus. Comme cela ressort sans doute de manière très marquée de mes différentes notes, j'ai entrepris ce blog avec beaucoup d'hésitations, une certaine gêne, et une interrogation toujours renouvelée qui peut se résumer ainsi : mais pourquoi se lancer dans une telle entreprise ?

    Ne soyons  pas naïfs, je n'ai pas la réponse à ce dernier point. Néanmoins, je suis contente d'avoir tenté l'expérience, contente de voir que l'on me lit, même si je ne saurai jamais pourquoi. J'ai peu de retours, ce qui découle sans doute presque inévitablement de la forme choisie pour ce blog, autrement dit celle d'une correspondance avant tout personnelle. Mais grâce aux statistiques de Hautetfort, je m'aperçois que vous êtes assez nombreux à jeter un coup d'oeil sur ce qui se passe ici. Une fois n'est pas coutume, je délaisse donc un moment le format choisi de mon blog pour vous dire merci. Que vous ayez aimé ou non, merci d'être venus.

    A tous, bon week-end. A toi, qui n'est pas destinataire de ce message, toutes mes pensées, comme toujours. 

Toutes les notes