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25/05/2015

Thème de l'atelier : la vie est belle

Dans le grésillement d'une cigarette, la vie s'en va. Elle est belle d'avoir été, elle le sera de ne plus être là.

Dans l'accolade sur le quai de la gare, la vie s'en va. Et de deux cœurs s'échappent le même soupir muet.

Dans l'amour qui n'en peut plus, la vie se désagrège. Petites riens devenus trop lourds, elle ne part plus, on la chasse à pas légers.

Dans le sourire entrevu par la vitre du métro, un frémissement de vie revient. Et c'est alors nous qui l'appelons en vrais désespérés.

Mais dans le cercueil que l'on suis à pas comptés, la vie n'est plus. Nous serons alors les seuls à pouvoirla raconter.

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30/04/2015

Retour

Un petit mot pour dire que ce blog revient a la vie sous une forme differente. Plus de nouvelles informations a venir.

 

17/07/2013

Le cimetière des livres oubliés

 

Avec un titre pareil, il ne me paraît même pas utile de résumer l'intrigue de ce relativement épais roman de Carlos Ruis Zafron. Mais tout de même, je voulais en parler ici.

Et tout d'abord, du titre, qui est en soi une promesse poétique à laquelle j'ai été particulièrement sensible. Ensuite du roman lui-même. Etrange créature que ce roman ! Habile mélange de roman sentimental et de gothique fin 19ème, il ne recule devant aucun atour romanesque car enfin, tout est plus grand que nature dans ce livre, et les secrets révélés au fur et à mesure ont un côté littérature de gare énergiquement assumé. Barcelone (car tel est le lieu principal de l'action) est traitée comme une personnage à part entière, mais un paysage forcément noir, dégoulinant de pluies et d'obscurité entretenue. Dans cette atmosphère de l'après dictature, l'air est lourd pour chacun des héros, la question des choix de vie se pose de manière aigüe alors même que le brouillard politique et émotionnel rend toute projection presque impossible. Chacun se débat comme il le peut. Dans ce grand entre-deux, prime spéciale à l'un des personnages secondaires, philosophe d'arrière-cour à la pertinence sentimentale confondante. Le récit est mené de main de maître avec de vrais bonheurs d'expression (de mémoire, en voici une, à propos d'un homme entrant dans une boutique, qui se présente « comme la mort en costume du dimanche »).

 

Alors que dire de cet ouvrage : il y est questions de livres, bien sûr, d'amours contrariés, de secrets et de renaissance, d'illusions perdues. Il se lit comme j'ai pu dévorer il y a longtemps, si longtemps, Alexandre Dumas. Sa Barcelone est magnifique, et l'écriture m'a emportée presque plus fermement que l'intrigue bien tissée. En gros : un roman populaire, un vrai. Un que j'ai eu plaisir à lire et relire. Et puis, quel titre, franchement !

 

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15/07/2013

Le Panthéon, ombre de ma fatigue

 

Posé là.

 

Enfanté de mon esprit.

 

Pilier de mon espace.

 

 

 

Le Panthéon est là, cache-colé d'échafaudages qui lui donnent l'allure d'un mastodonte blessé. Et tous les jours, je passe devant, sans le regarder. Je me contente de mon panthéon à moi, plus petit, sans colonnes ni courant d'air, dans lequel je range avec un soin tout particulier, par épaisseurs, mes couches de fatigue. Je suis de retour.

Tout semble différent, moi la première, mais je suis de retour. J'arracherai du cœur du Panthéon, le vrai, la bénédiction dont j'ai besoin. Je frapperai mon propre esprit indocile pour lui réapprendre à regarder, et à mesurer, et à goûter la présence d'autrui. J'extirperai de la gangue de tristesse qui engloutit mon âme une phrase, puis deux peut-être, ou bien même un seul mot, peu importe, quelque chose, quelque chose qui n'émergera pas du puits nauséabond dont j'ai fait mon lit si longtemps.

 

Le Panthéon est là. Mon ombre tutélaire reste de marbre. En sera-t-il de même pour moi ?

 

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28/10/2012

On s'habitue à tout

 

On s'habitue à tout, même au pire. Les informations ne sont que des mots, des images, la Syrie devient cet endroit lointain où il se passe des choses que l'on compte, avec tous les conditionnels de rigueur. L'hiver est là, soudain, et un sdf meurt dans Paris, un titre de plus. On s'habitue à tout. Le vent souffle dans le sud, un navire se noie lentement sous les yeux des curieux, c'est un spectacle si rare. Mais deux étudiants se noient pour de vrai, eux, et on sait qu'une cellule psychologique sera mise en place, comme toujours pour le moindre drame. On s'habitue à tout. Un homme politique vient plaider pour un autre monde, il a du talent, de l'énergie, et peut-être qu'on l'écoute un petit peu plus que d'habitude, enfin pendant quelques minutes au moins, car même le registre de l'indignation a été digéré tranquillement par nos médias. Et on est habitué. Ce n'est pas de l'indifférence, c'est le résultat de l'échappée du réel sur ceux qui prétendent nous le mettre à portée. On s'habitue vraiment à tout. Sauf à soi.

Car soit demeure l'inconnu ultime. Celui qui nous anime n'est qu'un étranger, détestable et fuyant. On s'habitue à tout, il faut bien vivre. Mais pourquoi, au fait ? Si ce n'est par la volonté de ce soi dissimulé ?

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21/10/2012

Videntre 5

 

Ah oui, je sais, tout ça, c'est ma vie : un cauchemar. Merci de l'information.Tout se clôt.

 

08:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

20/10/2012

Videntre 4

 

Finalement, je leur ai tourné le dos, à mes palissades. Oui, soudain mon esprit est devenu clair, elles n'étaient là que parce que je regardais. Dans mon dos à présent, je suis sûre qu'elles ont disparu. Elles flottent peut-être entre deux perceptions, deux états, indéterminées. Et là, je ris.

 

Sauf que ce n'est pas si drôle que ça. Je ne peux pas entrer dans la ville les yeux fermés, je ne peux pas ouvrir les yeux sans me heurter à un mur. Et je VEUX entrer. Il le faut, je le ressens comme une urgence vitale qui me plante là telle une moderne damnée, sans savoir si c'est la destruction qui plane sur moi ou si au contraire quelque chose va se briser qui me libèrera. Je suis perdue. Au milieu de nulle part, face à mes propres barrières, tendue vers une destination inconnue, incapable de m'y rendre. C'est peut-être un rêve, non ? Je l'espère. Si rêve il y a.

 

07:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

19/10/2012

Tombeau vivant

Tendres plages des mers

Rocs durs des Océans

Vous qui m'étiez si chers

Sous la bruine et l'autan

L'assaut perpétuel des lames

Vous m'êtes devenus plus rudes que le temps

Depuis que vous veillez son âme.

 

Pierre Reverdy, in Sable mouvant, Gallimard, 2003

18/10/2012

Videntre 3

 

Je peux aussi prendre du recul. Aucune chance pour moi de pouvoir me hisser au-dessus des palissades, mais m'en éloigner, m'en éloigner assez pour les rapetisser et devenir Gulliver... Non, bien sûr que cela n'a pas de sens, vous croyez que je ne m'en rends pas compte ? Je suis devant une barrière surgie de nulle part, enfin ! Et je sais que je sais qu'elle dissimule une ville. En quoi me répéter que c'est fou m'aidera, franchement ?

 

D'ailleurs, je ne suis  pas folle. Je ne l'ai jamais été.

 

Il se trouve simplement que je dois me rendre dans cette ville, et on s'en fiche de son nom, ce n'est pas la question. Je dois entrer, point final. Tiens, puisque vous êtes si malins, tous, pourquoi vous ne me donnez pas votre avis sur la façon de procéder ? Non, parce que là, je l'ai fait, le tour, un tour complet, me revoilà à mon point de départ, et je n'ai rien vu. Ni porte, bien sûr, ni judas. Ni personne à me guetter entre les interstices de la palissade. Est-ce que la ville est déserte, par hasard ?

 

04:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

17/10/2012

Videntre 2

 

On ne met pas de palissades devant les villes. Enfin, je veux dire, on ne le fait plus. Ronds-points, panneaux publicitaires et centres commerciaux, centres industriels, voilà nos frontières urbaines. Or je suis devant tout autre chose, aujourd'hui. Un mur de bois. Avec ses nervures, ses nœuds éclatés, qui lui donnent l'apparence du vivant torturé. Avec cet étrange fil que l'on a envie de suivre du bout des doigts mais qui s'interrompt, s'étiole, se ramifie en cascades, et alors je sais que je touche là un autre fil, celui d'un autre arbre abattu. Combien en a-t-il fallu, pour élever les palissades ? Et au fait, pourquoi des palissades ? S'il y a mur, il faut qu'il y ait judas. Je vais faire le tour, en suivant mes fils, ils me mèneront bien quelque part. Je refuse l'absurdité d'un mur élevé autour de rien, et d'ailleurs, je m'en souviens, de ce qu'il y a derrière, je me souviens de m'en être souvenue avant d'arriver ici. Donc... donc il y a un avant et un après dans mon esprit, comme il y a un devant et un derrière les palissades. Je suis certaine que je devrais ressentir une légère inquiétude, là, à cette seconde. Mais non. Même pas. Ou pas encore. J'ai trouvé de la temporalité, après tout, de la temporalité, et de la matière physique. Ceci n'est pas un rêve. Derrière les palissades se déroule un spectacle quelconque, elles ne peuvent pas être infinies et même si j'ai finalement accepté l'idée d'absence de porte, ceux de dedans doivent vouloir voir ceux du dehors, eux qui sont bien à l'abri. Tout espoir n'est donc pas perdu.

 

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